Quel statut pour devenir recruteur indépendant en France ?

Par Vincent Colombie, fondateur de DN8 Solutions · Mis à jour le 3 novembre 2026

En bref

Pour démarrer comme recruteur indépendant en France, la micro-entreprise est le statut le plus simple : création gratuite en ligne, cotisations proportionnelles au chiffre d'affaires et comptabilité allégée, jusqu'à 83 600 € de chiffre d'affaires par an. Au-delà, ou si vous avez beaucoup de frais, une société (EURL ou SASU) devient plus intéressante. Le portage salarial permet de tester l'activité en gardant le statut de salarié, mais coûte plus cher.

Le recrutement indépendant, une activité libre en France

En France, l'activité de recrutement (on parle aussi de « placement ») est ouverte : aucun diplôme ni agrément n'est exigé pour aider des entreprises à recruter et facturer des honoraires. Il suffit d'exercer sous un statut déclaré. Les seules obligations spécifiques concernent le respect des règles de non-discrimination à l'embauche et la protection des données des candidats (RGPD).

Le choix du statut dépend surtout de trois questions : combien pensez-vous facturer, avez-vous des frais importants, et voulez-vous tester l'activité avant de vous lancer pleinement ?

Option 1 : la micro-entreprise, le choix de la plupart des débutants

La micro-entreprise (ou auto-entreprise) est le statut le plus utilisé pour démarrer comme recruteur indépendant.

Ses avantages :

  • création gratuite et rapide en ligne, sur le guichet unique de l'INPI ;
  • cotisations sociales calculées uniquement sur le chiffre d'affaires encaissé : pas de chiffre d'affaires, pas de cotisations ;
  • comptabilité très simple (un livre des recettes suffit) ;
  • compatible avec un emploi salarié, des études ou le chômage (sous conditions).

Les chiffres à connaître en 2026 :

  • plafond de chiffre d'affaires pour les prestations de services : 83 600 € par an (période 2026-2028) ;
  • cotisations sociales pour une activité libérale (BNC), cas le plus courant pour un recruteur : 25,6 % du chiffre d'affaires en 2026 ;
  • franchise de TVA : vous ne facturez pas la TVA tant que votre chiffre d'affaires reste sous 36 800 € ;
  • impôt sur le revenu : abattement forfaitaire de 34 % pour les BNC, ou option pour le versement libératoire (2,2 % du chiffre d'affaires) sous conditions de revenus.

Ses limites : vous ne pouvez pas déduire vos frais réels (outils, déplacements, abonnements), et le plafond peut être atteint vite avec quelques placements bien rémunérés.

Pour qui ? Pour démarrer, tester l'activité ou exercer en complément d'un autre revenu.

Option 2 : l'EURL ou la SASU, quand l'activité décolle

Quand votre chiffre d'affaires approche le plafond de la micro-entreprise ou que vos frais deviennent importants, créer une société devient pertinent.

  • L'EURL (société à un seul associé, gérant non salarié) : cotisations sociales généralement plus faibles, mais calculées sur la rémunération du gérant.
  • La SASU (président assimilé salarié) : meilleure protection sociale, cotisations plus élevées, et possibilité de vous rémunérer en dividendes.

Dans les deux cas, vous déduisez vos charges réelles, votre patrimoine personnel est mieux protégé, et vous pouvez récupérer la TVA sur vos achats. En contrepartie, la création coûte quelques centaines d'euros et un expert-comptable devient vite indispensable.

Pour qui ? Pour les recruteurs qui dépassent régulièrement 60 000 à 80 000 € de chiffre d'affaires par an, ou qui ont des frais importants.

Option 3 : le portage salarial, pour tester en restant salarié

Le portage salarial permet de trouver vos propres clients tout en étant salarié d'une société de portage, qui facture le client et vous verse un salaire.

  • Avantages : protection sociale complète (chômage, retraite, mutuelle), aucune gestion administrative.
  • Inconvénients : des frais de gestion (souvent 5 à 10 % du chiffre d'affaires) et des cotisations salariales élevées. Il vous reste en général environ la moitié de ce que vous facturez.

Pour qui ? Pour ceux qui veulent tester le recrutement indépendant sans perdre la sécurité du salariat, ou qui sortent d'un CDI et veulent garder des droits au chômage.

Tableau comparatif

CritèreMicro-entrepriseEURL / SASUPortage salarial
CréationGratuite, en ligneQuelques centaines d'eurosAucune
Charges25,6 % du CA (BNC)Selon rémunérationEnviron 45 à 50 % du CA
Frais déductiblesNonOuiPartiellement
Plafond de CA83 600 €AucunAucun
GestionTrès simpleComptable conseilléAucune
Idéal pourDémarrerDévelopperTester en sécurité

Les démarches pour se lancer en micro-entreprise

  1. Créez votre micro-entreprise sur le guichet unique de l'INPI (formalites.entreprises.gouv.fr), en indiquant une activité de conseil en recrutement.
  2. Recevez votre numéro SIRET, en général sous une à deux semaines.
  3. Ouvrez un compte bancaire dédié à votre activité (obligatoire au-delà de 10 000 € de chiffre d'affaires deux années de suite, mais conseillé dès le départ).
  4. Préparez vos documents commerciaux : modèle de contrat de recrutement, conditions générales et modèle de facture (avec la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » tant que vous êtes en franchise).
  5. Déclarez votre chiffre d'affaires chaque mois ou chaque trimestre sur le site de l'URSSAF.

Notre conseil

Pour la grande majorité des recruteurs qui se lancent, la micro-entreprise est le bon point de départ : elle permet de démarrer en quelques jours, sans frais et sans risque. Vous pourrez toujours évoluer vers une société quand votre activité le justifiera. Les règles fiscales et sociales évoluent chaque année : avant de choisir, faites un point avec un expert-comptable ou avec l'URSSAF sur votre situation personnelle.

Le statut n'est qu'une première étape. La vraie difficulté, quand on démarre seul, c'est de trouver ses premiers mandats. C'est précisément ce que propose DN8 Solutions : un réseau de recruteurs indépendants qui accèdent à des mandats dès leur arrivée, avec un coaching hebdomadaire et un référent dédié.

Questions fréquentes

Faut-il un diplôme pour devenir recruteur indépendant ?

Non. En France, l'activité de recrutement est libre : aucun diplôme ni agrément n'est obligatoire. Une expérience en RH ou en commercial est un plus, mais beaucoup de recruteurs indépendants viennent d'autres métiers.

Peut-on être recruteur indépendant en micro-entreprise ?

Oui, c'est même le statut le plus courant pour démarrer. En 2026, il permet de facturer jusqu'à 83 600 € par an, avec des cotisations de 25,6 % du chiffre d'affaires pour une activité libérale.

Peut-on être recruteur indépendant tout en étant salarié ?

Oui, la micro-entreprise est compatible avec un emploi salarié, à condition de respecter votre contrat de travail (clause d'exclusivité, obligation de loyauté envers votre employeur).

Quand faut-il passer de la micro-entreprise à une société ?

Généralement lorsque votre chiffre d'affaires approche le plafond de 83 600 €, ou lorsque vos frais professionnels deviennent importants, car la micro-entreprise ne permet pas de les déduire.

Le recruteur indépendant doit-il facturer la TVA ?

Pas tant que son chiffre d'affaires reste sous le seuil de franchise (36 800 € pour les prestations de services). Au-delà, il doit facturer la TVA à ses clients.

À propos de l'auteur

Vincent Colombie, cofondateur de DN8 Solutions, réseau européen de recruteurs indépendants. Il accompagne les recruteurs indépendants dans le lancement et le développement de leur activité.

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